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Le témoignage de la déportée Ida Grinspan

Mis à jour : vendredi 19 juin 2015

Le témoignage de la déportée Ida Grinspan

 

Le 2 avril 2015, Ida Grinspan a témoigné devant les collégiens de France Bloch Sérazin de sa vie de déportée à Auschwitz. La rencontre entre Ida Grinspan et les collégiens s'est effectuée dans l’amphithéâtre de L'ENSIP de Poitiers.

 

           

Collégiens : Comment la police vous a-t-elle localisée ?

Ida Grinspan : J'étais enregistrée en tant que Juive à la mairie. Les policiers ont regardé dans ce registre. Et ils m'ont arrêtée le 30 janvier 1944 à Jeune-Lié dans les Deux-Sèvres.

Collégiens :Une fois arrivée à Auschwitz, y avait-il une organisation entre prisonniers ? Y avait-il de l'entraide ?

I.G. : Oui, il y avait beaucoup de solidarité, on s'échangeait les vêtements, on discutait pour essayer de rester humaines et de ne pas devenir comme les gardiens nous traitaient : comme des bêtes.

     

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    Ida Grinspan témoignant

 

 

 

Collégiens : Travailliez-vous à Auschwitz ? Si oui, combien de temps par jour ?

I.G. : J'avais de multiples travaux à faire, on me faisait souvent changer de travail. On avait douze heures de travail par jour, de 6 heures à 18 heures.

Collégiens : Avec les bruits et les rumeurs, pouviez-vous imaginer ce qui allait vous arriver à Auschwitz ?

I.G. : Oh, non ! On ne peut pas s'imaginer ce qui s'y passait sauf si on y était. C'était une véritable « Industrie de la mort ». Les Allemands disaient « On rentre par la porte et on sort par la cheminée ».

Collégiens : Comment avez-vous pu vous réinsérer dans la société à la fin de la guerre ?

I.G. : On m'a placée dans un hôpital spécialisé pour me remettre. Ça a été très dur : je n'avais pas de métier alors je me suis mise à coudre et je me suis mariée peu après.

Collégiens : Pourquoi témoignez-vous ?

I.G. : Je témoigne car les déportées qui étaient avec moi à Auschwitz m'ont dit qu'il fallait que je raconte ce qui s'est vraiment passé. Puis ma fille m'a demandé d'écrire un livre (intitulé J'ai pas pleuré) parce que je ne pourrai pas témoigner indéfiniment.

Article écrit par Clara Bond, Mathilde Ducos et Célia Rebourgeard, élèves de 3ème B

 


Une survivante d’Auschwitz raconte…

 

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Ida grinspan le 02 avril 2015

Le jeudi 2 avril 2015, les élèves de troisième du collège France Bloch Sérazin se sont rendus dans un

amphithéâtre de l'ENSIP de Poitiers. Cet après-midi-là, ils ont pu assister au témoignage d'Ida Grinspan, une

survivante du camp d'Auschwitz.

Ida Grinspan a commencé par raconter son enfance. Elle est née à Paris en 1930 et est issue d'une famille polonaise juive arrivée en France pour fuir l'antisémitisme. Elle a dit ne pas pratiquer la religion chez elle.

A 10 ans et demi, son père l'envoie se réfugier dans les Deux-Sèvres, chez une nourrice, pour que sa vie soit plus paisible qu'à Paris. Elle raconte aux élèves le jour où elle reçoit une lettre de son père annonçant l'arrestation de sa mère. Elle a alors 12 ans. Elle leur parle ensuite de la nuit de son arrestation : « Dans la nuit du 30 au 31 janvier 1944 vers 00h15, Alice, ma nourrice est venue me réveiller pour m'annoncer que trois gendarmes français étaient là pour m'arrêter et que s'ils ne me trouvaient pas ils arrêteraient son mari. Je me suis tout de suite levée pour me rendre. J'étais âgée de 14 ans ».

Elle est tout d'abord conduite au commissariat pour y subir un interrogatoire. Elle sera ensuite transférée à la gare de Niort puis partira en direction de Paris. Elle restera une semaine dans le camp de rassemblement de Drancy. La gendarmerie française lui affirme qu'elle retrouvera sa mère déjà déportée. Le 10 février, elle part à la gare de marchandise de Bobigny. Les gendarmes l'enferment avec plus de 60 personnes dans un wagon à bestiaux pour un voyage de 3 jours et 3 nuits.

Durant ce voyage, les conditions de vies étaient effroyables. Elle raconte que durant ce voyage une solidarité importante s'installe, celle-ci durera jusqu'à sa libération.

Le dimanche matin, les wagons sont déverrouillés par les SS. Elle est arrivée à Auschwitz.

A son arrivée, elle est séparée des hommes. Sur 1500 personnes du convoi seules 61 femmes, dont Ida Grinspan, réussissent à passer la première « selektion ». Avec les autres femmes, elle effectue une heure de marche pour arriver dans le camp de Birkenau dans lequel elles sont dénudées, rasées, et prennent une douche glacée.

A partir de ce moment elle laisse la parole aux élèves pour qu'ils puissent poser les questions préparées en classe.

Un élève demande le temps de travail qu'elle effectuait par jour, elle leur répond qu'elle travaillait de 6 heures à 18 heures avec une coupure à midi pour manger un morceau de pain et de la soupe.

Un autre élève prend la parole pour demander si elle a eu envie de baisser les bras et de se laisser mourir pendant qu'elle était à Auschwitz. Elle répond qu'il lui est arrivé de baisser les bras mais ses amies étaient là pour la soutenir et lui rappeler leur devise : «  S'ils nous tuent pas, il faut qu'on tienne le coup ».

Elle reprend la parole pour parler de sa libération.

Lorsque les nazis ont appris l'arrivée de l'armée rouge, ils décident d'évacuer le camp. A partir de ce moment débute les marches de la mort. Le 18 janvier 1945, elle part pour 3 jours de marche.

Elle se souvient qu’elles marchaient par rangs de cinq et que ses camarades et elle se soutenaient : celles au bout de la rangée récupéraient de la neige et la passaient aux personnes du milieu pour la manger.

Durant ces marches la mortalité était très importante, plus de la moitié des déportés sont morts en route, certains tués à coup de crosse ou de balles, d'autres de fatigue et de faim.

Elle arrive ensuite dans une gare : « j'ai eu la chance de pouvoir monter dans un train à découvert où j'ai pu manger de la neige et respirer correctement durant deux jours et rester en vie ».

Elle arrive à Ravensbrück. Elle y restera un mois sans travailler car tous les camps près du front russe ont été rapatriés à cet endroit. Les Allemands ne peuvent donc plus les contrôler. Elle repart ensuite dans un train de voyageurs et arrive à Neustadt dans une grange où elle est atteinte du typhus. Une de ses camarades l'accompagne donc à l'infirmerie malgré elle. Elle est soignée par une infirmière polonaise très gentille avec elle « elle partageait sa soupe avec moi, allait me chercher des médicaments à l’hôpital ».

Elle décrit ensuite son retour en France. Après la fuite des nazis du camp, les Américains arrivent dans l'infirmerie : «  Ils étaient grands et beaux, ils nous ont donné du chocolat puis ils sont partis sans revenir nous chercher ». Les Russes viennent ensuite les chercher et les évacuent en brouette jusqu'à l’hôpital. Après plusieurs semaines de convalescence elle rentre en France par avion.

Longtemps après sa libération, sa fille lui demande d'écrire un livre sur sa déportation qui se nomme J'ai pas pleuré .

Article écrit par Anaëlle Couturier, Maud Laurent et Maud Redois-Villette, élèves de 3ème F

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